"Tu sais les savoirs c’est pas pour moi" ou comment on a monté une Université Populaire

Par Sidi Khattry et Hugo Fourcade / 2H30

C’est notre histoire. On s’est battu et on a perdu. Aujourd’hui la loi LRU de réforme de l’université est là, et tout ce qu’on avait redouté est en train d’arriver : augmentation de la dépendance financière envers les entreprises privées, sélection déguisée, manque de moyens, concurrence entre les facs... On a perdu mais il était impensable de ne rien faire. De retourner apprendre gentiment nos leçons.

Du coup on a créé une université populaire. L’université populaire c’est l’université idéale, non ? Le savoir pour tous et gratuit. De la philosophie, de l’histoire, de la sociologie, le tout accessible à tous et en débattant.

Sauf qu’on n’avait pas tout le monde et surtout pas les classes populaires dans notre université. Et puis la diffusion des savoirs d’accord mais pourquoi faire ?

Nous on a arrêté de croire que le savoir était émancipateur par nature. Des fois il sert précisément à l’inverse. Il sert à faire taire, à déposséder, à dominer. C’est pas par hasard que certains pensent qu’ils ne savent rien, que réfléchir c’est pas pour eux. Ceux qui se pensent crétins, idiots ou cancres. Ceux qu’on n’écoute jamais, ceux qui sont invisibles, ceux qui sont racontés, ceux qui sont expliqués. Les illégitimes.

Une conférence gesticulée c’est…

…une forme théâtrale hybride et tout terrain d’éducation populaire. A mi-chemin entre une conférence classique et un one man show politique, c’est un genre généralement investi par des personnes qui ne sont pas des comédiens professionnels. Ils y viennent prendre la parole, souvent avec humour, pour parler d’une thématique en y mêlant récit de leur expérience personnelle et éléments théoriques.

Apprentissage par la pratique

Depuis la formation initiale à la création de conférence gesticulée avec la Scop du Vent Debout basée à Toulouse en Janvier 2013, nous avons joué cette conférence gesticulée une vingtaine de fois en maintenant deux ans. Ici et là, dans des centres sociaux, des granges, des salles polyvalentes, des cours d’écoles et parfois même des théâtres. Ces deux ans ont été l’occasion de réécritures incessantes issues d‘un aller-retour entre les retours à chaud, les divers crashs tests et improvisations sur scène, et les lectures et réflexions au fil de l’eau. Deux ans c’était le temps nécessaire pour murir scéniquement et politiquement notre objet.

Un atelier post-conférence

Un atelier « Réapproprions nous les savoirs » peut être organisé après la conférence dont nous adaptons le déroulé en fonction des besoins ou demandes des participants et/ou des structures invitantes. Cela peut être l’animation d’une discussion/débat sur le thème de la conférence, une brève formation à un outil pédagogique (débat mouvant, groupe d’interview mutuel, arpentage…) ou la mise en chantier du lancement d’une action d’éducation populaire liée aux savoirs (préparation d’un événement, création d’une université populaire…). La jauge peut être comprise entre 5 et 80 personnes.

Contact diffusion : etabliabordeaux@gmail.com / Hugo Fourcade : 0681373745

Dossier diffusion PDF

Petit bonus :

Le livre de poche et le mépris - 1964 | INA

"Le livre de poche a fait lire un tas de gens qui n’avait pas besoin de lire" 1964

Posted by Ina.fr on dimanche 11 octobre 2015